Gérôme d'Ackerman 1/2/3 (Louisa)

Publié le par LSF

Ackerman, Gerald. M. : Jean-Léon Gérôme, sa vie, son oeuvre. 1997.

Préface : d'abord perçu comme "peintre académique" puis "peintre de Salon", ou "peintre officiel". depuis cette biographie, il est considéré comme un réaliste académique.     500 peintures et 75 sculptures.

Père orfèvre. Etudie Phidias, dessine d'après des gravures.

Maître : Delaroche (style exact et froid, académique, palette sombre).

1843-1844 : voyage en Italie. Il étudie des paysages, l'architecture, la population. Il préfère la nature et les scènes pittoresques (qui méritent d'être peintes). Il est surtout attentif aux antiques.

Elève de Gleyre pendant 3 mois (le Beau idéal...) Gérôme en conserve les figures et les décors classiques, les fonds de paysages idéalisés. Prédilection de Gleyre pour le moyen-Orient : influence la palette de Gérôme, elle devient blonde et lumineuse.

1847 : Le combat de coqs est remarqué par Théophile Gautier : "un grand format pour un sujet au premier abord "vulgaire" mais élégant sous le trait de Gérôme".

Peu à peu il cède au goût contemporain (plus objectif) et quitte la préciosité néo-classique. Réel passage par le réalisme : 1855 : Italien jouant de la Zemponia, couleurs blondes, soucis du détail.

1855 : part en Egypte. Il aime voyager : " J'ai toujours eu l'humeur nomade et la bosse de la locomotion." Il descend le Nil. Accompagné, entre autres, de Léon Belly, Auguste Bartholdi, qui emporte son matériel photographique.                       

Il fait des croquis à profusion des types caractéristiques : Arabes, Coptes, "Nègres", Fellahs, et des chameaux dans de nombreuses postures (voir le tableau de Belly : Pèlerins allant à La Mecque (1861).

De nombreuses visites en 1862, 68, 69, 71, 74, 1880. Etudes de scènes quotidiennes de la vie égyptienne contemporaine.

1857 : Recrues égyptiennes traversant le désert. Il évite un pathétique facile. Vision plûtot fataliste, pessimiste (voir La sortie du bal masqué, 1857, un duel dont l'issue est mortelle.)

Salon de 1857 : sa carrière d'orientaliste s'affirme. Il abandonne le style néo-grec, mais en garde le sens du détail.

Le roi Candaule (voir aussi de T. Gautier), le drame antique et les choix de ne pas montrer le "vif du sujet" (un principe  réaliste de l'école de David : ne pas montrer l'action mais l'instant qui suit).  Ainsi, son César mort, semble reposer devant le spectateur,Gérôme le fait entrer dans le tableau, le drame vient de se produire (voir la mort de Marat et la façon dont David la présente-on touche à la façon dont un peintre re-présente et effectue des choix de mise en scène, d'une action qu'il n'a pas vécu/ par opposition à un tableau d'après croquis pris sur le vif ou même de mémoire).

                   

 

 

Salon de 1861 : Phryné devant l'aréopage (courtisane d'Athènes inspirant Praxitèle. Elle est jugée pour impiété par l'assemblée des sages de la cité. Hypérides, son défenseur demande si une femme d'une telle beauté peut se rendre coupable d'un tel sacrilège. Elle est acquitée ! (D'après Ackerman, le tableau devient le symbole de la vérité dévoilée, ça peut être également une allégorie du peintre, la beauté comme fin en soit (elle excuse le sujet et l'éclipse ?).

Le prisonnier 1861 (succès au Salon de 1863), inspire José Maria de Heredia. Le mode est grave, le prisonnier est pieds et poings liés, un musicien jouant de l'oud semble le narguer. Une rive lointaine d'idée du Nil.

Contexte d'émergence d'idées sociales et de nouvelles relations entre les hommes (Fourier, Proudhon, Saint-Simon). On croit aux progrès de la science : connaissance née de l'observation : réalisme, réalisme subjectif (observation et intérêt de chacun pour ses propres perceptions).                                                                            

Gérôme a une vue d'ensemble (relation de la figure et de son environnement), les personnages ne dominent pas la composition (au contraire de Courbet et Manet).

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