Gérôme d'Ackerman 4/5/6 (Louisa)

Publié le par LSF

1862 : voyage en Egypte, Syrie, Judée. Traversée du désert de Syrie, 17 jours de marche.

Janvier 1866 il épouse Marie Goupil.  Son beau-père, Adolphe Goupil, est marchand de tableaux; Dans les années 1870-80 la maison Goupilet Rittner est réputée pour ses productions de photogravures  de tableaux à bon marché.

Le Muezzin, 1866, architecture traitée en même temps de façon réaliste (objective) et sensible dans la touche. Un premier plan précis, dans la posture de la figure, une attitude en prière. Un deuxième plan de tons chauds, blonds, représentant la vie quotidienne : linge, sieste d'animaux). Une sorte de vécu distancié. Une scène typique traitée sans complaisance, une certaine sobriété efficace, sans surenchère (sans phantasme européen ?). Une tradition de la peinture : clair-obscur, touche nuancée. Comparaison avec La prière au Caire, 1865, les multiples figures induisent un choix pour varier la composition (comme un échantillonnage) je trouve que cela donne une artificialité toute picturale (mise en scène/ construction de l'image à des fins de véracité, or c'est cela même qui tue l'authentique scène vécue et retranscrite au travers d'un regard de peintre avant d'être un voyageur). Tout cela dans un décor doucereux (aïe, le croissant de lune c'en est trop ! / "fait oriental", ou clin d'oeil pas très subtil à l'Islam ?).

Gérôme semble avoir eu parfois recours à des photographies pour les fonds.

1863 : Napoléon III décide l'ouverture du Salon des Refusés, remaniement de l'Ecole des Beaux-Arts, 1864 : Gérôme devient professeur de l'atelier de peinture.

Safari en 1868, de 3 mois. Visites de mosquées, engagent un drogman (part avec Edmond Abou, journaliste et romancier, publiera La Fellah en 1870, dédié à Gérôme, qui a pour toile de fond la partie égyptienne du voyage). Traversée du Sinaï, campent à Gizeh, longent la Mer Rouge, visitent le monastère Ste catherine. Gérôme engrenge des images. Chaleur, pluie, grêle, tempête de neige.

1869 : Le marchand de peaux, expression du visage (une figure centrale et à gauche des "petites histoires locales", une femme porteuse, un voyageur dans une ruelle).

Le Golgotha, 1868. ce tableau choque car le sujet, au combien sacré, est traité comme une anecdote : le calvaire est traité en ombres.

1865 : Gérôme devient membre de l'Institut. 1869 : fait partie des artistes conviés à l'inauguration du canal de Suez.

1869 : Promenade du harem (l'eau est presque traitée en touches "impressionnistes").

Guerre de 1870 : part à Londres : s'empresse de prendre des Italiens comme modèles.

Markos Botsaris, 1874. La prière publique dans une mosquée, 1870.

1871 : Turquie. 1873 : traverse l'Espagne pour Alger. 1874 : Egypte.

Arabes traversant le désert 1870, : opposé aux visions romantiques d'un Delacroix ou Fromentin. Une réalité vive, crue, et un certain mystère.

Gérôme se lance dans la sculpture. Les petits bronzes d'animaux sont très prisés par le public. Sa science de l'anatomie est aiguisée par son expérience de la sculpture (étudiée avec Frémiet, sculpteur animalier).

1882 : Un lévrier qui n'aime pas le tabac, une plaisanterie, Arnaute fumant au nez d'un chien;

La turquie l'inspire : village de Brousse, les bains de Sinan.

1882 : La douleur du Pacha, (Voir Les Orientales, de Victor Hugo : "(...) Son tigre de Nubie est mort (...) ". (Même s'il n'y a pas de tigre en Nubie...).

1883 : Les deux Majestés : un lion assis sur un rocher surplombant le désert, contemple le soleil couchant (Ackerman : une allégorie de Napoléon ?), sa majesté le désert ? Le soleil ?

1886 : Le premier baiser du soleil (un chef-d'oeuvre selon Ackerman : " l'oeuvre, solenelle, évite tout cliché. De la description objective nait une intense poésie " (!)

 

Commenter cet article