Les photographes orientalistes (Eva)

Publié le par LSF


L’ORIENTALISME. L'ORIENT DES PHOTOGRAPHES AU XIX SIECLE. Centre national de la photographie.

Résumé de lecture du livre et de notes personnelles (Eva)

 
 
En 1827, les expériences de Nicéphore Nièpce (inventeur français) nous livrèrent la première image après une exposition de 8 heures au soleil.
Si la lumière fut à la naissance de l’image photographique, en 1839, les techniques n’ont cessé d’évoluer et peuvent offrir de grandes qualités dès la fin du siècle dernier.
 
A l’heure où les influences de l’Orient fascinent les peintres, les pratiques se modifient à travers, notamment, les voyages.
Francis Frith fut le premier professionnel de la photographie. Il voyagea en Egypte en 1858-59 et utilisa la technique très délicate et complexe, le Collodion (matière très sensible à la chaleur). Il chercha ainsi à faire connaître La Terre Sainte en adoptant une démarche quasi-spirituelle et sentimentale.
La similarité entre la peinture et la photographie devint un " outil  " pour les artistes, une complicité pour recréer un Orient à leur manière.
Les peintres utilisaient les photographies pour se documenter (lieux, personnages, motifs, architectures, costumes…) dans un soucis de réalisme, certains d’entre eux n’ayant jamais voyagé.
Cette curiosité pour l’Orient, l’Orient de l’imagination et du rêve, apparaissait éclatant et flamboyant, différent, contrasté, haut en couleur et en lumière. Intérêt pour les vestiges du passé et vision ethnographique s’imposent : temples, palais, villas mauresques, harems, costume oriental, portrait… , la présence de l’homme pouvant se réduire à une indication d’échelle afin de metttre en valeur le passé historique.
Très vite, la vision orientaliste et exotique va devenir un Orient brillant et haut en couleurs (Les Milles et Une Nuits). L’Orient devient " féminin " (Salomé, Schéhérazade…) et les mises en scène en studio participent à créer un rêve en papier, en incluant les artifices tels tapis, tentures, mobiliers, armes, narguilés… répondant à une mode orientale. Ainsi, nous pouvons retrouver des européens habillés à l’orientale.
 
Par ailleurs, il est important de noter les difficultés envers l’utilisation même de la photographie : soucis techniques (matériel lourd, temps de pause, chaleur du pays) mais aussi la réticence des orientaux à laisser reproduire leur image (comme les caravanes allant vers La Mecque, également en peinture avec Léon Belly, les scènes de mosquée où les visites étaient acceptées en dehors des temps de prière).
Au-delà d’une mode, l’observation d’une autre civilisation ne devient-elle pas celle du voyeur ?…
Les photographes utilisèrent les femmes comme modèles de production de scènes érotiques. L’ alternance entre l’imaginaire, le fantasmatique et le réel, la présence de détails dans les motifs, les accessoires ne construit pas la réalité mais une reconstruction, une composition artistique dédiée à un public européen.

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